La pause mensualité dans le prêt immobilier

 

Vous venez d’acquérir votre demeure familiale ou l’appartement de vos rêves. Félicitations. N’étant pas Crésus, vous avez souscrit comme la plupart des français un crédit immobilier, qui vous permettra de rembourser sur une période de vingt à trente ans des mensualités comprenant le capital et les intérêts. Et, même si vous aviez des craintes au départ, elles se sont envolées devant le charmant sourire de votre banquière, ou le ton rassurant de votre banquier, qui vous expliquait qu’avec votre contrat, vous étiez paré à toute éventualité. Vous vous rappelez entre autres son bouquet de solutions qui, outre l’humanité de sa banque et l’intérêt pour ses membres, vous permettait en cas de difficultés financières de stopper votre crédit, sans intérêt supplémentaire, le rallonger, voire y renoncer. Et vous vous dites que votre banquier n’est pas un vampire mais bien un être humain. Vous vous apprêtez à pendre la crémaillère…

Mais attention ! Avant de faire des extras, rembobinez un peu la bande. Vous avez été rassuré par les explications de votre banquier et vous dites que vous pourrez à tout moment arrêter le paiement d’une mensualité de disons 700 € en cas de coup dur. Vraiment ? Une petite simulation s’impose. Vous avez par exemple souscrit un crédit d’environ 150000€ au taux d’intérêts de 3 %. Vous paierez sur environ 25 ans des mensualités de 700 €, comprenant le paiement du capital et intérêts. En admettant que vous ayez payé 12 mensualités et que stoppiez à la 13e vous devrez payer le 14e mois le capital plus les anciens intérêts, de même que le 15e mois. A la fin de toutes vos mensualités, vous en arriverez à payer environ 700 € de plus que lors d’un remboursement normal. En effet, le non-paiement d’une mensualité conduit en fait au double du paiement, la somme redevable étant équivalente à plus de 100% de la somme initiale. Et cela, uniquement en cas de retard de paiement d’un mois. Alors imaginez en cas d’arrêt de remboursement de crédit ou de suspension répétées.

Vous voilà donc informé des nouveaux plans très prometteurs de remboursements de crédit. Alors plutôt que d’être attiré par tout ce qui brille, jouez plutôt la carte de la prudence, sans céder à la pseudo facilité des pauses mensualités, pause de remboursement, report d’échéances et autres reports de mensualités, qui sous couvert de souplesse, ne feront qu’aggraver votre dette. Au contraire, en économisant, pourquoi ne pas rembourser votre crédit avec de l’avance et faire ainsi un placement plus prometteur que celui de l’épargne ? Vous trouverez davantage d’explications dans l’article suivant. Alors à bon entendeur !

Céline BRZUSZKIEWICZ